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    Interview de Mr. Sarkozy à la presse Congolaise

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    king show

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    Localisation : Belgique
    Date d'inscription : 18/11/2008

    Interview de Mr. Sarkozy à la presse Congolaise

    Message  king show le 18.02.09 0:08

    Voici l´interview que Nicolas Sarkozy, a accordé une interview exclusive à
    cinq quotidiens Congolais, à savoir Le Phare, Le Potentiel, L’Avenir,
    L’Observateur et La Tempête des Tropiques

    Question 1 : M. Le Président, certains passages du discours que
    vous avez prononcé le 16 janvier, à l’occasion des vœux
    au Corps diplomatique, ont soulevé une vive polémique à
    Kinshasa. L’élite et la population congolaises souhaitent connaître
    le sens que vous donnez aux trois expressions suivantes : « Cela met en
    cause la place, la question de l’avenir du Rwanda avec lequel la France
    a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à
    la superficie petite. Cela pose la question de la République Démocratique
    du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation
    étrange des richesses frontalières » ; « Il faudra
    bien qu’à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui
    ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel
    » ; « Comment, dans cette région du monde, on partage l’espace,
    on partage les richesses ».
    Réponse : La France a toujours été, et elle restera
    toujours un allié fidèle de la RDC. Elle l’a été
    au long des années de la transition ; elle l’a été
    chaque fois que l’unité du Congo a été menacée.
    Elle cherche à aider le Congo à sortir de l’instabilité,
    à retrouver la paix et la stabilité. Je constate une chose : aujourd’hui,
    en dépit de tous les efforts accomplis, la paix ne s’est pas encore
    imposée au Congo et dans la région. Et les victimes, ce sont toujours
    les civils innocents des provinces orientales du Congo. Ces souffrances doivent
    cesser. Tous les Congolais ont droit à la paix et à la stabilité.
    La RDC a besoin de se développer – à l’Est comme dans
    toutes les provinces du pays –, de faire fructifier les richesses qui lui
    appartiennent, de prendre son avenir en main plutôt que de subir des guerres
    injustes et injustifiables. Le temps est venu de tourner la page de ces quinze
    dernières années. Alors je m’interroge : faut-il faire plus
    ? Faut-il faire mieux ? Faut-il faire autrement ? Les polémiques n’ont
    pas lieu d’être et les procès qui nous sont faits sont sans
    fondement. Je voudrais souligner quelques idées simples. Il y a des principes

    sacrés : la souveraineté de la RDC, le respect de son intégrité
    territoriale, l’intangibilité de ses frontières. La France
    s’est toujours battue pour ces principes. Ce n’est pas avec moi que
    cela changera. Il y aussi une évidence : la RDC, c’est le cœur-même
    de l’Afrique, autour duquel le continent s’articule. Ses richesses
    potentielles sont immenses et pourtant, les Congolais n’en profitent pas,
    ou pas assez. Je suis désolé de vous le dire, mais quelque chose
    ne tourne pas rond ! Ma conviction, c’est que le retour de la paix doit
    s’accompagner d’un dialogue de fond. Regardez ce que nous avons fait
    en Europe : nous avons surmonté nos déchirures et nos divisions,
    surmonté les blessures si profondes de trois guerres entre la France
    et l’Allemagne en particulier, pour construire, à partir de projets
    concrets et dans le strict respect des Nations qui la composent, une Europe
    de paix et de prospérité. Bien sûr cela nous a pris du temps.
    Mais cela nous a permis la reconstruction ; cela nous a apporté une prospérité
    sans égal et l’essor de nos économies ; cela nous a apporté
    aussi la stabilité et la paix. Alors, au nom de quoi les pays autour
    des Grands Lacs seraient-ils condamnés à la répétition
    des guerres et au malheur ? Ne peuvent-ils surmonter cette fatalité que,
    pour ma part, je refuse ? Je veux croire en l’avenir. L’intérêt
    des Congolais et des pays de la région, c’est de susciter des projets
    qui fédèrent plutôt que subir des appétits qui divisent,
    de couper à leur racine les causes de la rivalité, de la désunion
    et du malheur. Des institutions existent déjà, comme la Communauté
    Economique des Pays des Grands Lacs. Alors il faudrait la revivifier, et peut-être
    même aller plus loin. C’est dans cet esprit que je voudrais lancer
    quelques idées : les pays de la région, de l’Angola au Burundi,
    et pourquoi pas à la Tanzanie aussi, pourraient travailler ensemble,
    comme nous l’avons fait en Europe, pour structurer leurs marchés,
    organiser des filières agricoles, commerciales et industrielles, introduire
    davantage de transparence et de règles, développer les ressources
    énergétiques y compris par des micro-projets, assurer la sécurité
    alimentaire et sanitaire, faciliter l’accès à l’eau
    potable, protéger le patrimoine naturel, bâtir des infrastructures
    régionales pour créer de nouvelles opportunités et multiplier
    les débouchés. Il y a tant de richesses à créer
    ou à mettre en valeur. Cela suppose de la confiance et ce dialogue structuré
    auquel j’ai fait référence. Cela suppose aussi la coopération,
    qui interdit la prédation ou l’exploitation. Et je souhaite insister
    sur ce point. Le Président Kabila a dit que les décisions doivent
    être prises à Kinshasa, et nulle part ailleurs. Il a raison ! C’est
    aux Congolais eux-mêmes de trouver des solutions. C’est vrai aussi
    à l’échelle de toute la région : c’est aux Etats
    et aux populations de discuter, et disons-le, de coopérer pour régler
    les problèmes et retrouver de la confiance. La confiance, c’est
    fondamental. La paix ne peut jamais être imposée de l’extérieur.

    Question 2 : Les Congolais ont l’impression que vous cherchez à
    vous rapprocher du Rwanda, sur le dos de la RDC, tout en prenant des distances
    avec vos prédécesseurs qui ont décidé l’opération
    Turquoise en 1994. Qu’y répondez-vous?
    Réponse : Dois-je vous rappeler que vous êtes le premier
    pays francophone du monde ? La France sera toujours aux côtés des
    Congolais. La RDC tient une place toute particulière dans le cœur
    des Français. Mais je ne peux pas encourager la RDC à dialoguer
    avec ses voisins sans que la France le fasse aussi ! Vous avez tout de même
    noté que je me suis d’abord rapproché du Président
    Dos Santos et que j’ai noué un partenariat stratégique avec
    l’Angola sur les questions africaines. Et comment pourrais-je aider les
    Congolais si je m’abstiens de parler au Président du Rwanda ? Ces
    polémiques n’ont aucun sens. La France restera toujours fidèle
    en amitié. Et la France choisira toujours la voie du dialogue pour faire
    progresser la cause de la paix.
    Question 3 : Principale victime de l’opération Turquoise,
    la RDC n’est-elle pas en droit d’espérer un dédommagement
    de Paris ?
    Réponse : Il faut regarder la vérité en face. Il
    faut reconnaître que les événements innommables de 1994
    ont eu de lourdes conséquences pour la RDC. La crise qui frappe l’Est
    du Congo depuis des années a des racines historiques. C’est évident.
    Mais il faut dire aussi que ni la France, ni la communauté internationale
    n’ont été les instigateurs de l’arrivée des réfugiés
    hutus rwandais sur le sol congolais. Ces réfugiés ont fui leur
    pays et traversé la frontière de leur propre initiative. La France
    a pris le risque d’intervenir quand personne ne bougeait. L’opération
    Turquoise, je le rappelle, a été conduite sous mandat des Nations-Unies.
    La France dans cette affaire n’a pas agi seule. Elle a agi au nom de la
    communauté internationale toute entière. Elle a sauvé des
    vies humaines en 1994, comme elle l’a fait à Bunia plus tard avec
    l’Opération Artémis dont tant de Congolais se souviennent.
    La France n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait. Mais, s’il
    vous plaît, tournons-nous vers l’avenir.
    Question 4 : Votre discours semble signifier que la France a abandonné
    les intérêts de la Francophonie au profit des intérêts
    du monde anglo-saxon. L’opinion congolaise attendait en effet une position
    française favorable à la RDC et se demande désormais si
    la France participe au démembrement de la RDC. Quel jeu joue exactement
    la France dans les Grands Lacs ?
    Réponse : Mais pourquoi me parlez-vous de démembrement
    ? Qui a dit cela ? Ai-je jamais dit une telle chose, si contraire aux positions
    constantes de la France ? Je l’ai dit, et je le répète :
    la souveraineté de la RDC et l’intangibilité de ses frontières
    sont des principes sacrés. Si un pays continuera de se battre pour garantir
    leur plein respect, ce sera bien la France. Je veux que la RDC retrouve en Afrique
    toute la place qui lui revient. Cela veut dire un Congo fort, uni, debout et
    prospère dans une région stable et apaisée. Un Congo qui
    se développe du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Ne
    nous voilons pas la face : cela demandera d’autant plus d’efforts
    et de détermination que la RDC est frappée par la crise économique,
    comme le reste du monde. Il n’y a qu’une solution possible : il faut
    se retrousser les manches, il faut investir dans l’avenir. Et, excusez-moi
    de le dire mais c’est une évidence, le Congo a tout à gagner,
    aussi, à tisser des liens fructueux avec ses voisins, de l’Atlantique
    à l’océan Indien. C’est valable partout ailleurs, alors
    pourquoi pas au cœur de l’Afrique !
    Question 5 : Lors du sommet de La Baule, le Président François
    Mitterrand avait posé entre autres comme préalable à l’aide
    française au développement des pays africains, la démocratie,
    la bonne gouvernance et le respect des Droits de l’Homme. A vos yeux, la
    RDC satisfait-elle à cette conditionnalité?
    Réponse : La RDC est une jeune démocratie. Peu de processus
    électoraux en Afrique, ou ailleurs, sont aussi exemplaires que l’a
    été celui de 2006. Il a coûté 450 millions de dollars
    à la communauté internationale. Bien sûr, il y a encore
    de nombreux défis à relever : lutter contre la corruption, structurer
    l’armée, la police, la justice, décentraliser une partie
    des moyens. Beaucoup de chemin reste à parcourir. C’est justement
    parce que la France souhaite vous accompagner que je viendrai vous rendre visite
    très prochainement.
    Question 6 : L’un de vos prédécesseurs avait déclaré
    que pour l’Afrique la démocratie est un luxe. A ce jour, partagez-vous
    cette opinion ?
    Réponse : De nombreux dirigeants africains avaient dit la même
    chose avant lui mais ce n’est pas le débat. Ma réponse est
    non ; la démocratie n’est pas un luxe, c’est au contraire une
    nécessité. Je ne suis pas de ceux qui opposent, un peu naïvement,
    démocratie et développement. Cela n’a aucun sens. Je ne crois
    pas non plus à une quelconque exception africaine. Je suis également
    choqué que certains responsables politiques africains puissent présenter
    l’exigence démocratique comme une simple conditionnalité
    imposée par des partenaires étrangers. Les Africains, comme tous
    les autres peuples, veulent élire leurs représentants. L’aspiration
    à la démocratie et au respect des droits de l’homme a été
    au cœur des luttes pour l’indépendance. La démocratie
    est aussi une des conditions de l’amélioration de la gouvernance.
    Elle reste la meilleure garante de l’existence de contre-pouvoirs et de
    la capacité des administrés à demander aux gouvernants
    des comptes de leur gestion. Je ne dis pas pour autant que l’instauration
    de la démocratie est facile, ni qu’elle suffit à régler
    tous les problèmes.
    Question 7 : La RD Congo est à ce jour le premier pays francophone
    au monde. Pour quelles raisons la France paraît-elle le négliger,
    notamment en ce qui concerne les facilités nécessaires à
    son épanouissement culturel ainsi que dans le domaine de la recherche
    ?
    Réponse : La Francophonie, parlons-en. Elle nous appartient à
    tous et n’est pas la propriété de la France. Savez-vous qu’il
    y a quelques semaines, le Congo a dépassé la France comme premier
    pays francophone du monde ? Et dans quelques années, vous serez loin
    devant ! Nos relations doivent être à la hauteur de ce que nous
    partageons. La France ne néglige pas la RDC en ce domaine. Nous partageons
    la même conviction : la culture est l’école de la libre expression,
    de la libre pensée, c’est un pilier de la démocratie. Votre
    pays est connu pour sa créativité culturelle et son dynamisme
    artistique. A Kinshasa, comme à Lubumbashi, les centres culturels français
    sont des lieux d’expression privilégiés des milieux culturels
    congolais. Au début de cette année, nous avons lancé un
    nouveau programme Francophonie en RDC. Il permettra de relancer l’enseignement
    du français à Kinshasa, à Lubumbashi, à Kisangani.
    Je vous annonce que nous allons aussi appuyer le développement du réseau
    des Alliances françaises tout particulièrement celles de Béni,
    Bunia, Goma, Bukavu, Uvira. C’est un vrai choix stratégique. L’éducation
    est la clé de l’avenir. Il y a d’autres projets, mais j’aurai
    l’occasion d’en parler lors de ma visite.
    Question 8 : Quel pourrait-être l’apport de la France dans
    le redressement économique de la RDC en cette période de crise
    financière ?
    Réponse : Il n’y aura pas de redressement sans paix durable.
    A ce titre, la France veut continuer à accompagner la RDC sur le chemin
    de la paix. Ensuite, il faut un véritable plan de reconstruction concerté
    du pays. Pour cela, il faut de grands moyens. La France ne peut pas jouer ce
    rôle toute seule. Alors je réfléchis à la manière
    de consulter nos grands partenaires pour que nous puissions tous ensemble aider
    la RDC à se reconstruire. Et puis il faudra attirer davantage d’investissements
    privés. C’est pour moi un enjeu central. La France veut là
    aussi jouer tout son rôle. J’aborderai ces sujets lors de ma visite.

    Question 9 : Dans le cadre de son aide à la RDC, que choisirait
    la France entre les priorités suivantes : créer des emplois pour
    venir en aide aux populations démunies, doter le pays d’une armée
    dissuasive, lutter contre la destruction très avancée de l’environnement
    ?
    Réponse : Aucune : il faut aider la RDC dans tous ces domaines,
    et d’autres encore ! La question n’est pas de choisir une priorité
    au détriment d’une autre ; la question, c’est d’être
    le plus efficace possible. Je ne ménagerai aucun effort pour convaincre
    tous les partenaires internationaux de s’engager avec moi aux côtés
    des Congolais. Mais au final, le destin du Congo est dans les mains des Congolais.
    L’avenir leur appartient. Et je sais qu’ils peuvent faire de grandes
    choses.

    Interview accordée à Jacques Kimpozo Mayala (Le Phare), Freddy
    Mulumba (Le Potentiel), Denis Lubindi (L’Avenir), Luc-Roger Mbala (L’Observateur)
    et GND. (La Tempête des Tropiques)
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    kunta

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    Date d'inscription : 18/11/2008

    Re: Interview de Mr. Sarkozy à la presse Congolaise

    Message  kunta le 18.02.09 14:53

    Moi je trouve qu´il a raison nous sommes d´habitude aller vers l´affectif sans essayer de comprendre ce qu´il voulait dire, partager les richesses ne veut pas dire absolument donner une partie de sa richesse à son voisin mais ce peut dire profiter de ces richesses de part et d´autres.
    Ce qui me fait rire c´est l´ironie qu´il a fait montre en repetant ce que le president Kabila a dit concernant le lieu ou se prenait les décisions.

      La date/heure actuelle est 23.01.18 12:29