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    Les évangéliques, réunis à Paris, veulent combattre "l'autorité de Satan"

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    toto

    Nombre de messages : 184
    Localisation : Luxembourg
    Date d'inscription : 17/11/2008

    Les évangéliques, réunis à Paris, veulent combattre "l'autorité de Satan"

    Message  toto le 01.06.09 18:09

    D'un coup, la tension
    a atteint son paroxysme. Des corps se sont affaissés dans les travées du Palais omnisports de Paris-Bercy ; d'autres sont entrés en transe,les mains tendues, paumes ouvertes, vers le ciel, les yeux clos ; un homme étendu sur le sol, une Bible posée sur le ventre, a été agité de
    soubresauts tandis qu'un rire secouait son visage ; des inconnus se sont enlacés, des hommes sanglotant dans les bras de femmes et inversement.
    Après trois heures de chants, de danses, de prières, d'incantations, d'adoration, de louanges "à la gloire de Dieu et de Jésus-Christ de Nazareth", les "coeurs et les corps"
    étaient visiblement prêts à recevoir l'Esprit saint promis par les prédicateurs. Fervents exubérants ou prostrés, profondément recueillis ou illuminés d'un large sourire, quelque 3 000 fidèles ont répondu,
    dimanche 31 mai, à l'appel de plusieurs Églises évangéliques pourcélébrer ensemble la fête de Pentecôte.Pour l'édition 2009 de cette convention évangélique, l'organisateur Freddy de Coster,
    un pasteur baptiste de 36 ans, installé à Honfleur (Calvados), avait vu grand. Trop sans doute. L'immense salle du Palais omnisports, capable
    d'accueillir 16 000 personnes, semblait surdimensionnée pour recevoir les quelques milliers de fidèles venus tout au long du week-end du nord de la France et de la région parisienne. Le "groupe de louanges", les pasteurs et prédicateurs réunis sur la grande scène n'ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour "reprendre son territoire à l'ennemi", entendez le diable, et recréer en plein Paris les ambiances de "mega-church", venues des Etats-Unis.En costume-cravate, le pasteur de Coster a arpenté la scène, comme emporté dans une logorrhée où il a tour à tour fustigé "l'autorité de Satan", assuré que "la gloire de Jésus est sur Paris, au-dessus de la sorcellerie, de l'occultisme, du péché et du suicide", et demandé à l'Esprit saint de " (le) posséder".Clotilde
    ne s'émeut pas de ces manifestations de ferveur spectaculaire. A 43 ans, cette comptable guadeloupéenne, ancienne catholique pratiquante
    convertie au protestantisme évangélique il y a quatorze ans, considère même qu'"elles ne sont qu'une infime parcelle de la puissance de Dieu". "Le
    combat contre le démon est quotidien. Nous, les "nés de nouveau", nousvivons avec Jésus, et nous savons que le royaume de Dieu et celui de
    Satan ne vont pas ensemble."

    Au-delà d'un credo de base fondé sur "l'amour et la présence de Dieu"en toute chose, les fidèles évangéliques se reconnaissent aussi dans un discours conservateur sur la famille ou contre l'avortement,
    l'assurance de leur salut, une propension à convertir son prochain et une lecture souvent littérale de la Bible. "Je ne crois pas au Big Bang", assène Clotilde. "Onme l'a enseigné à l'école mais, en Guadeloupe, on nous a aussi parlé pendant des décennies de "nos ancêtres les Gaulois" ! Et finalement tout cela a évolué !" Si, comme le pasteur de Coster, elle est convaincue que "prier Jésus"
    est la solution à tous les problèmes, et procure même des guérisons physiques, elle ne dédaigne pas la médecine face à la maladie. "Dieu nous a quand même donné sagesse et intelligence", sourit-elle.Baptisé il y a cinq ans, à 20 ans, Romain Lemonnier, normand d'origine, loue quant à lui "la sincérité" qu'il a rencontrée dans ce christianisme d'un genre toujours méconnu en France.
    "C'est un mouvement qui exporte la parole de Dieu, et on est parfois
    assimilé à une secte, mais moi j'y retrouve des valeurs humaines, la
    droiture, la famille, qui me mènent plus à la réussite qu'à la
    perdition"
    , assure le jeune homme."L'Evangile est une bonne nouvelle, il faut la proclamer et la pratiquer", défend aussi le pasteur de Coster, par ailleurs homme d'affaires dans l'hôtellerie et la finance. "Certains pensent que je désacralise l'Evangile en le rendant trop public ; eh bien, je l'assume."
    La Fédération protestante de France, à laquelle l'Eglise baptiste de M. de Coster appartient, regarde avec quelque prévention ce type de rassemblements charismatiques, dans lesquels les Eglises
    traditionnelles ne se reconnaissent guère.D'ici à 2010, la création d'une nouvelle instance protestante, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), destinée à rassembler un monde évangélique émietté et peu lisible, devrait de fait entériner l'évolution récente du protestantisme français.En attendant, la FPF annonce elle aussi un grand rassemblement, en septembre à Strasbourg, un "Kirchentag" à la française, inspiré de la tradition allemande, où sont attendues 10 000 personnes "venues de toutes les familles du protestantisme".

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